D'après une expérience récente (et malgré l'ancienneté de l'article), je ne vois pas grand chose à redire à ce carnet de voyage décrivant le tour de Belle-Ile-en-Mer à pied en 4 jours par le GR 340 et le sentier cotier.
Par rapport à la publication du carnet,on peut quand même remarquer que le nombre de compagnies desservant l'ile s'est quelque peu accru depuis. Il n'y donc pas de problèmes particuliers pour s'y rendre en bateau pour pas trop cher (environ 30 € aller/retour en pleine saison). D'après les tarifs proposés, on comprend aussi qu'il est fortement souhaité que les visiteurs ne fassent pas le voyage avec leurs voitures (du moins pas tous :)(250 à 300 € aller-retour). Il est donc préférable de les laisser au parking du Sémaphore de Quiberon qui est largement prévu pour ça pour 10 € par jour.
Pour ce que j'ai pu en voir, je confirme que l'ile n'est en effet pas plate (ce n'est peut-être pas un hasard si la commune de Bangor est jumelée avec une commune de Haute-Savoie :), ce qui se traduit des montées et des descentes incessantes et plus ou moins prononcées. Contrairement aux apparences, et même en période estivale, il faut donc quand même mieux partir avec un bon équipement de randonnée (sacs, chaussures de marche, vêtements peu délicats, ...).
La 1ère étape 1 (Le Palais-Sauzon)(13 kms) est une balade assez facile et très agréable entre de petites criques et de petits ports qui donne vite à penser que l'on a pas eu tord de faire le déplacement. Par beau temps, on arrive donc assez rapidement (en 4h00) à Sauzon (très joli petit port du nord-ouest de l'ile qui mérite sans doute plus que quelques heures de visite). Pour les plus courageux, il est donc largement possible de s'installer au camping municipal, de repartir pour la Pointe (et le phare) des Poulains qui se trouve 7 kms plus loin et de revenir (3h00 plus tard) vers Sauzon, en passant pique-niquer par le Port de Stêr-Vraz.

La 2ème étape (Sauzon-Bangor) (ou plus exactement pour moi Sauzon-Logonnet-Port de Stêr-Vraz-Kernest)(environ 30 kms) est par contre plus longue (Compeed préventifs obligatoires pour les "pieds tendres" comme moi) et moins facile. Elle n'en reste pas moins agréable, parfois époustouflante. Dixit une promeneuse de rencontre ce qui frappe ici c'est la pierre ;). Plus sérieusement, le décor côtier est ici très minéral. A la différence de la veille, les falaises, attaquées par la mer, sont plus hautes (parfois monumentales et donc aussi touristiques, cf. Grotte de Apothicairerie, Port Coton). Le franchissement des ports est donc plus fatiguant (montées et descentes plus longues).
L'autre chose qui frappe est que la lande est aussi complètement dépourvue d'arbres, ce qui a une certaine importance par beau temps. En conséquence, il ne faut pas hésiter à emporter une bonne crème de protection solaire et une bonne quantité d'eau (3 litres par personne) dans la mesure où il n'est pas forcément très facile de sortir du parcours pour aller se ravitailler chez l'habitant. Du coup, après environ 8h00 de marche, l'arrivée au camping est plutôt bienvenue. Pas la peine donc de prévoir de grandes festivités pour la soirée. Heureusement la fatigue de la journée est vite effacée par une bonne douche et une bonne nuit de sommeil.

La 3ème étape (Bangor-Locmaria)(23 kms ; 7h00 de marche) est sans doute la plus belle d'un point de vue de randonneur. La côte est ici encore plus sauvage que la veille. Les habitations sont moins visibles. Il y a moins de criques ou de ports et donc moins de promeneurs, de touristes ou de baigneurs. C'est certainement aussi la plus difficile avec un parcours qui emprunte souvent des chemins ressemblant à ceux que l'on peut trouver en montagne (montées taillées dans la roche, descentes en lacets, petits vallons à franchir sur des ponts). Le sentier reste quand même toujours très praticable (balisage somme toute assez correct), sans danger, même s'il faut être un peu plus prudent quand on a 10 à 12 kg sur le dos.

Passée la Pointe du Skeul, le parcours est un peu moins physique, mais les derniers kilomètres peuvent quand même être un peu longs (surtout sans eau :|). Comme la veille le camping de Locmaria (remonter par la route à Port Blanc jusqu'à la D25) est bienvenu. Le village n'est pas désagréable mais pas très grand. A priori pas grand chose à voir à part l'église, la place et la vue sur la mer (mais je n'ai fais que passer...). Bonne boulangerie et jolie boulangère quand même :)
La 4ème étape (Locmaria- Le Palais) (16 kms ; 5h00 de marche) n'apporte pas de commentaires particuliers dans la mesure où le décor est ici beaucoup moins spectaculaire (surtout sur la fin) que les jours précédents. Beaucoup plus de plages, de portions trop proches de la route, de voitures, et de propriétés qu'il faut éviter (limite du domaine public maritime). Du coup pas de raisons de trainer en route. Les derniers kilomètres peuvent être avalés au pas de course pour revenir à la case départ du Palais et boucler un tour de Belle-Ile très agréable en 4 jours.

Quelques remarques encore :
Pour ceux qui disposent d'un peu plus de temps, il est bien sûr tout à fait possible de rallonger le séjour et de faire des étapes plus courtes et moins fatigantes. Grâce au réseau de bus, on peut même aller d'un bout à l'autre de l'ile sans trop se fatiguer, voir quelques points d'intérêt et passer le reste du temps à la plage.
Concernant le couchage, je me suis fixé sur la solution camping qui est je pense la moins chère et la plus souple (petit coup de fil quand même avant pour se rassurer sur les horaires de l'accueil et sur la disponibilité d'un emplacement). De manière générale, les campings que j'ai utilisé (Camping de Bordeneo au Palais (la première nuit en arrivant), Camping municipal de Pen-Prad à Sauzon (la deuxième nuit), Camping Le Kernest (la troisième nuit), Camping municipal de Locmaria (la quatrième nuit)) sont très satisfaisants (sanitaires et douches modernes et propres) avec une mention spéciale pour le Camping municipal de Sauzon (voisins et accueil sympathiques) et celui de Locmaria (emplacements spacieux et confortables). L'inconvénient est que cela rajoute un peu de poids sur le dos. Pour ceux qui voudraient voyager et dormir de manière plus confortable, il doit être aussi possible de s'organiser quelque chose de sympa à partir des nombreux gîtes et chambres d'hôtes que semble compter l'ile.
Pour terminer je dirai que mon seul regret est de n'avoir pas pu emporter un appareil photo digne de ce nom pour numériser les paysages aussi magnifiques que variés de cette ile. Heureusement avec un peu de réussite et à une certaine distance mon téléphone portable prend encore quelques bonnes photos dont je vous avez un petit aperçu ici (the full set is here) et qui j'espère vous donneront envie de faire le tour de Belle-Ile à pied.